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Parafoudre : rôle, obligation et installation au tableau

Foudre, coupures et manoeuvres sur le réseau provoquent des surtensions qui grillent l'électronique. Le parafoudre les dévie vers la terre : rôle, obligation NF C 15-100, types et installation.

Riv'Energies5 mai 202411 min de lecture

Une surtension de quelques microsecondes suffit à détruire une box, un téléviseur ou la carte électronique d'un électroménager. Le parafoudre est le dispositif qui, depuis votre tableau électrique, écrête ces pics de tension et les dévie vers la terre avant qu'ils n'atteignent vos appareils. Ce guide explique d'où viennent les surtensions, comment le parafoudre les arrête, dans quels cas la norme le rend obligatoire, et pourquoi son efficacité dépend directement de la qualité de votre mise à la terre.

Qu'est-ce qu'une surtension et d'où vient-elle ?

Une surtension transitoire est une élévation brutale et très brève de la tension du réseau, bien au-dessus des 230 volts habituels. Elle dure quelques millionièmes de seconde, mais l'énergie qu'elle transporte suffit à claquer les composants électroniques sensibles. On distingue deux grandes origines :

  • Les surtensions d'origine atmosphérique : un coup de foudre, même tombé à plusieurs centaines de mètres, induit une onde de tension qui se propage par les lignes électriques et téléphoniques jusque dans les logements. C'est la cause la plus destructrice.
  • Les surtensions de manoeuvre : la commutation d'équipements sur le réseau, le délestage, le retour du courant après une coupure ou le démarrage d'un gros moteur à proximité génèrent des pics de tension plus modestes mais répétés, qui usent prématurément l'électronique.

En région PACA, l'exposition aux orages méditerranéens rend le premier phénomène particulièrement fréquent l'été, ce qui explique le nombre d'équipements grillés après un épisode orageux violent.

Le rôle du parafoudre : dévier la surtension vers la terre

Le parafoudre (aussi appelé parasurtenseur ou, dans les normes, dispositif de protection contre les surtensions) est un module qui se place en tête d'installation, dans le tableau électrique. En fonctionnement normal, il reste inactif et laisse passer le courant sans rien faire. Dès qu'une surtension apparaît, son composant interne — le plus souvent une varistance — voit sa résistance chuter brutalement : il ouvre un chemin de très faible impédance qui détourne l'onde de choc vers le conducteur de terre, au lieu de la laisser filer vers vos prises.

Le parafoudre limite ainsi la tension résiduelle qui subsiste sur l'installation à une valeur que les équipements peuvent encaisser sans dommage. C'est un maillon de sécurité complémentaire du disjoncteur et du différentiel : ces derniers protègent contre les surintensités et les fuites de courant, le parafoudre contre les surtensions transitoires. Les trois fonctions couvrent des risques différents.

Type 1, type 2, type 3 : quel parafoudre pour quel usage ?

Les parafoudres se classent en trois familles selon l'endroit où ils sont installés et l'intensité de l'onde qu'ils peuvent absorber :

  • Le type 1 se place en tête d'installation dans les bâtiments équipés d'un paratonnerre. Il est conçu pour écouler une partie du courant d'un impact de foudre direct, une onde de très forte énergie.
  • Le type 2 est le parafoudre de référence dans les logements. Installé dans le tableau, il protège l'ensemble de l'installation contre les surtensions induites par la foudre et les manoeuvres réseau. C'est celui que vise la norme dans le résidentiel.
  • Le type 3 se pose au plus près d'un équipement sensible (baie informatique, home cinéma), en complément d'un type 2, pour affiner la protection. Seul, il ne protège qu'un point de l'installation.

Dans une maison individuelle, la configuration courante est un parafoudre de type 2 en tête de tableau, éventuellement complété par des protections de type 3 sur les circuits les plus fragiles.

Le parafoudre est-il obligatoire chez vous ?

La norme NF C 15-100 impose un parafoudre de type 2 dans plusieurs situations :

  • lorsque le bâtiment est équipé d'un paratonnerre ;
  • lorsque l'alimentation est réalisée en tout ou partie par une ligne aérienne et que la commune se situe en zone à fort niveau kéraunique (indice AQ2), c'est-à-dire fortement exposée à la foudre.

En dehors de ces cas, le parafoudre reste facultatif mais vivement conseillé. Le Sud-Est figure parmi les zones les plus foudroyées de France, et le coût d'un parafoudre reste sans commune mesure avec le remplacement d'un ensemble d'appareils électroniques. En cas de doute sur votre situation, un électricien statue au vu de votre mode de raccordement et de votre commune : c'est une vérification systématique lors d'une mise aux normes du tableau.

Parafoudre et mise à la terre : une protection indissociable

Un parafoudre ne vaut que par la terre à laquelle il renvoie les surtensions. S'il écoule l'onde de choc vers une prise de terre absente ou défaillante, la surtension ne trouve pas d'échappatoire et la protection est illusoire. C'est pourquoi la pose d'un parafoudre s'accompagne toujours d'un contrôle de la mise à la terre : continuité du conducteur de protection, résistance de la prise de terre, état de la barrette de terre.

Ce lien impose aussi une règle de pose stricte : les conducteurs qui relient le parafoudre au réseau et à la terre doivent être aussi courts que possible, car chaque centimètre de câble ajoute une chute de tension qui dégrade la protection. Cette exigence, difficile à respecter sans expérience, est une des raisons pour lesquelles l'installation d'un parafoudre relève d'un professionnel et non du bricolage.

Bien dimensionner et raccorder le parafoudre

Le choix d'un parafoudre ne se résume pas à son type. Trois caractéristiques comptent :

  • Le courant nominal de décharge (In) : l'onde que le parafoudre peut écouler de façon répétée sans s'abîmer. En résidentiel, une valeur de l'ordre de plusieurs kiloampères est courante.
  • Le niveau de protection (Up) : la tension résiduelle qui subsiste après écrêtage. Elle doit rester inférieure à la tension que vos équipements supportent.
  • La coordination avec les protections en amont : le parafoudre doit être associé à un disjoncteur de déconnexion adapté, pour être mis hors circuit sans danger en fin de vie.

Ces paramètres se décident au regard de votre installation. Sur un tableau ancien, l'ajout d'un parafoudre est souvent l'occasion d'une remise à niveau plus large, dans le cadre d'une rénovation électrique ou d'une installation électrique complète aux normes.

Surveiller la fin de vie du parafoudre

Un parafoudre s'use : chaque surtension écoulée entame un peu sa capacité, et un impact violent peut le mettre hors service d'un coup. La plupart des modèles à cartouche débrochable disposent d'un témoin visuel — une petite fenêtre qui passe du vert au rouge — signalant que la cartouche est en fin de vie et doit être remplacée. Après un orage particulièrement violent, il est prudent de vérifier ce voyant : un parafoudre en défaut ne protège plus, alors que rien d'autre ne l'indique dans le logement. Le remplacement de la seule cartouche est simple et rapide, sans toucher au reste du tableau.

Ce que le parafoudre ne protège pas

Le parafoudre a un périmètre précis, qu'il faut connaître pour ne pas se croire protégé à tort :

  • Il agit sur les surtensions transitoires, pas sur une surtension permanente due à une rupture du conducteur neutre, qui relève d'un autre dispositif.
  • Il ne remplace pas un paratonnerre : contre un impact de foudre tombant directement sur le bâtiment, c'est le paratonnerre qui protège la structure, le parafoudre ne traitant que l'onde conduite.
  • Il n'assure pas la continuité d'alimentation : pour qu'un équipement critique ne s'éteigne pas lors d'une coupure, il faut un onduleur, qui joue en plus un rôle de parasurtenseur local.

Une multiprise parasurtenseur, elle, correspond à une protection de type 3 : utile en complément près d'un appareil, mais elle ne dispense jamais du parafoudre de tableau qui protège l'ensemble du logement en amont.

Riv'Energies installe et remplace les parafoudres, contrôle la mise à la terre associée et met les tableaux aux normes sur Aix-en-Provence, Marseille, Toulon, Manosque et dans toute la région PACA. Le devis est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes

Les réponses de Riv'Energies aux questions les plus posées sur ce sujet.

Q:Le parafoudre est-il vraiment utile s'il n'est pas obligatoire ?

Oui, surtout en région méditerranéenne. Le Sud-Est fait partie des zones les plus exposées à la foudre, et une seule surtension peut détruire simultanément box, téléviseur, électroménager connecté et système d'alarme. Même lorsque la norme ne l'impose pas, le parafoudre de type 2 reste une protection recommandée au regard de la valeur des équipements électroniques d'un logement moderne.

Q:Un parafoudre protège-t-il si la foudre tombe directement sur ma maison ?

Non, ce n'est pas son rôle. Contre un impact direct sur le bâtiment, c'est un paratonnerre qui protège la structure. Le parafoudre traite les surtensions conduites par les câbles : l'onde induite par un coup de foudre proche, ou les pics générés par le réseau. Dans un bâtiment équipé d'un paratonnerre, on installe d'ailleurs un parafoudre de type 1, plus robuste.

Q:Parafoudre de tableau ou multiprise parasurtenseur : lequel choisir ?

Les deux sont complémentaires, pas équivalents. Le parafoudre installé dans le tableau protège toute l'installation en amont : c'est la protection de base. La multiprise parasurtenseur correspond à une protection de type 3, locale, qui affine la protection d'un équipement précis. Elle vient en complément du parafoudre de tableau, jamais à sa place.

Q:Le parafoudre fonctionne-t-il sans une bonne prise de terre ?

Non. Le parafoudre évacue les surtensions vers la terre : si la prise de terre est absente, coupée ou de résistance trop élevée, l'onde n'a nulle part où aller et la protection devient inopérante. C'est pourquoi la pose d'un parafoudre s'accompagne toujours d'un contrôle de la mise à la terre et de conducteurs de raccordement les plus courts possibles.

Q:Comment savoir si mon parafoudre doit être remplacé ?

La plupart des parafoudres à cartouche possèdent un témoin visuel : une fenêtre qui passe du vert au rouge lorsque la cartouche est en fin de vie. Il est prudent de vérifier ce voyant après un orage violent. Si le témoin est rouge, la cartouche ne protège plus et doit être remplacée : l'opération est simple et ne concerne que le module, pas l'ensemble du tableau.

Q:Où installe-t-on le parafoudre dans l'installation ?

Le parafoudre se place en tête d'installation, dans le tableau électrique, juste après le disjoncteur de branchement, de façon à protéger tous les circuits situés en aval. Il est associé à un dispositif de déconnexion qui permet de le mettre hors circuit en fin de vie. Son raccordement à la terre doit être le plus direct possible pour rester efficace.

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